jeudi 11 novembre 2010

Stupeur place de la grève...

Premier jet: ici !
Seconde version: ici !

Et ci-dessous, troisième version de mon petit texte satirique - politique (un peu sur les bords):

Hier soir, le théâtre de la place de la grève affichait complet, comme toujours depuis la programmation d’une pièce au thème sulfureux : « Prendre sa retraite ou survivre, il va falloir choisir ».
Les scènes s’enchaînaient dans un joyeux désordre lorsqu’un spectateur fit irruption et exigea le silence en déclarant « Je prends les mots en otage ! »
Et le public avec, tant qu’il y était.
Stupeur dans la salle, l’individu en profita pour se présenter.
-          Je m’appelle Nicolas Robert, dit « Lepetit ». Je suis membre d’un parti d’extrême-centre que vous connaissez tous, et auto-entrepreneur dans le commerce des fausses promesses électorales.
Une légère houle agita le public, qui alla s'échouer aux pieds de l’orateur improvisé. Il sentit qu’il perdait pied.
-          Je prends les mots en otage pour mieux les libérer devant vous, mesdames et Messieurs ! Car, oui, je vous le dis, certains au gouvernement n’hésitent pas à s’accaparer le droit de parole au détriment des honnêtes artisans dont je fais partie !
Monsieur Robert dit « Lepetit » reprit son souffle, la houle s’agita de plus belle.
-          Aussi, j’exige ce jour la libération immédiate et sans conditions de la phrase type « casse-toi pôv… », détenue en toute illégalité depuis septembre dernier par les services de l’Elysées !
NDLR : Monsieur Robert s’est récemment porté acquéreur des droits commerciaux sur le thème : « Casse-toi pôv grippe A », ou encore « Casse-toi pôv sélectionneur ». Mais la vente en officine de ces phrases types ne pouvait se faire sans une décision en ce sens du tribunal administratif de Nanterre, qui vient précisément de rendre un avis défavorable.
Monsieur Robert n’a pas manqué de dénoncer sur scène l’ingérence manifeste des pouvoirs publics dans ce dossier. La houle se changea en déferlante, Monsieur Robert dut hausser la voix pour continuer de se faire entendre.
-          J’exige également l’abrogation pure et simple de la loi sur la politique des quotas dans le cadre de l’immigration linguistique ! Une langue figée est une langue morte ! Vive les corners, et mort aux coups de pied de coin !!!
Arrivé sur les lieux, le Capitaine de Gendarmerie Louis Gloriot entama les négociations. Monsieur Robert, qui détenait plusieurs centaines de mots en otage (constituant les deux derniers actes de la pièce), menaça de les détourner publiquement de leur usage et, si ses exigences n’étaient pas satisfaites, de les manger accompagnés de brie de Meaux et d’une bouteille de côte de Beaune, qu’il brandissait à bout de bras d’un air menaçant.
Plusieurs des comédiens tournèrent de l’œil et s’écroulèrent au sol. L’un d’eux est hospitalisé dans un état critique à l’hôpital du « Mot couvert », le pronostique vital reste engagé.
La situation, particulièrement délicate selon le Capitaine Gloriot, n’évolua pas jusqu’à l’intervention de l’Unité Spéciale du G.I.I.S. (« Groupement d’intervention des Intermittents du Spectacle », ndlr).
Les agents de cette brigade, peu connue du grand public et spécialisée dans les atteintes au caractère sacré des lieux de Culture, prirent position. Devant le refus catégorique de négocier de Monsieur Robert, ordre fut donné de lancer l’assaut.
Celui-ci fut bref. Une remarque assassine, décochée à plus de deux cent mètres et sans micro par un tireur d’élite, réduisit au silence le preneur d’otage, ouvrant la voix à l’évacuation des derniers mots de la pièce encore présents sur les lieux.
La création d’une cellule psychologique a été annoncée par le Ministre de la Culture, Monsieur Bernard Pavot.
Le prévenu doit être jugé au tribunal de Meaux. Par mesure de sécurité, Monsieur Robert sera auditionné bâillonné.
Il encourt une peine maximale de douze mois d’écoute quotidienne des débats de l’Assemblée Nationale.
L’hôpital du « Mot Couvert », doté d’une unité spécialisée dans le traitement des maux et troubles linguistiques, a annoncé via le site internet du Monde, lui réserver une chambre.
Maître Larousse, avocat de Monsieur Robert, s’est abstenu de tout commentaire, déclarant seulement que son client n’hésiterait pas à faire appel en cas de confirmation du jugement lors de la prochaine Université d’Été du tribunal de Meaux.
Article 2.0 publié par le_mardisien_masqué sur le site communautaire « l’atelier du mardi soir »

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